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14 juillet d'Eric Vuillard

 

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La foule, personnage central de ce récit comme de ce moment d'histoire de France

Un récit aux multiples ombres qui ont parcouru les rues de Paris pendant la Révolution sans entrer dans nos livres d’histoire. Certaines silhouettes se détachent, deviennent des individus que l’on suivra pendant quelques lignes tout au plus. Cependant, la foule demeure le personnage central de ce récit comme de ce moment de l’histoire de France.
La Révolution Française, et en particulier la prise de la Bastille, font partie non seulement de notre histoire nationale, mais aussi de notre imaginaire. Les rayonnages des bibliothèques sont déjà remplis de livres sur le sujet : romans, livres documentaires, BD… Qu’apporte donc le livre d’Éric Vuillard ? Une nouvelle voix. Ou plutôt des voix. Celle de tous les oubliés de la Révolution, tous ces gens qui forment une foule anonyme. On croise des attroupements, au détour d'une rue ou d'une page. Hommes et femmes se pressent dans Paris, passent des Invalides à l'hôtel de ville, de la rue de Charenton à la Bastille.
Vuillard ne nous raconte pas l’histoire vue par les aristocrates menacés ou les grandes figures qui laisseront leur empreinte dans l’histoire. Son objectif est clair : "il faut écrire ce qu’on ignore".

 

Ecrire ce qu'on ignore

"Au fond, le 14 juillet, on ignore ce qui se produisit. Les récits que nous en avons sont empesés ou lacunaires. C’est depuis la foule sans nom qu’il faut envisager les choses." En effet, l’auteur fait surgir des noms de la foule, noms qui ne restent protagonistes que quelques moments, quelques lignes. Certaines de ces silhouettes prennent vie un court instant par leurs actions, comme ce Tournay qui, à l'aide d'une pioche, casse les chaînes du pont-levis de la Bastille pour laisser entrer la foule. Vuillard souligne combien la gloire de l’émeutier est trop vite passée, pour le rendre à l’anonymat : "Tournay s’appuie au mur, sonné, heureux, il pleure. Plus personne ne pense à lui. On se presse dans la cour. On l’oublie. Il s’évapore. Son épopée n’a duré que quelques minutes."

 

La rigueur d'un historien, la passion d'un conteur

Il y a derrière chaque page la rigueur d’un historien, qui arrive à retracer la vie de certains hommes (les femmes du Tiers-Etat ont laissé moins de traces), comme celle de Jean Rossignol : "Il est né pauvre au faubourg Saint-Antoine, petit dernier d’une famille de cinq. À l’âge de dix ans, Jean Rossignol fut placé apprenti. Quatre ans plus tard, il quittait la capitale pour Bordeaux, désirant embarquer. En vain. Recruté chez un orfèvre, il fut congédié huit jours après et erra de place en place."
Cependant, ce qui transparait en premier dans ce livre, c’est la passion du conteur. On se laisse emporter par les mots et on vit cette journée du 14 juillet 1789 avec la foule parisienne. Vuillard s’émerveille de la beauté des noms égrenés au fil de listes. Ces noms sont souvent la seule trace qu’il reste des émeutiers. Un nom parmi une longue liste d’inconnus, souvent des listes néfastes portant les noms des hommes et femmes tués ou emprisonnés.

 

Un aperçu du quotidien que la Révolution vient perturber

L’auteur nous donne un aperçu du quotidien que la Révolution vient perturber : les baraques de planches où logent les ouvriers, les enfants qui jouent dans la rue, les cafés où on se traine "dans sa vieille culotte ratine, avec son casaquin de toile à raies jaunes, salis par le boulot." On (re-)découvre les métiers d’antan : les porteurs d’eau, crieuses de vieux chapeaux, marchands de ferraille ou de peaux de lapin, vendeuses à la marée, tailleurs de pierre, loueuses de chaise, papetiers, tabletiers, vanniers, grainiers, allumeurs de réverbères, domestiques, chiffonniers et bien d’autres.

 

 

 

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